Le vrai Gatsby était un vendeur de voitures !

Robert Redford devant la Rolls Royce Phantom de 1928 (impossible qu'elle fut la "vraie" Rolls de Gatsby)

Robert Redford devant la Rolls Royce Phantom de 1928 (impossible que cette version ait été la « vraie » Rolls de Gatsby)

Le vrai Gatsby était directeur de concession et mécanicien de voitures !

Gatsby le Magnifique a vraiment existé mais n’était pas un charmeur…

Pendant 25 ans, Horst Kruse, un spécialiste de l’oeuvre de Scott Fitzgerald, aidé par un enquêteur privé, a cherché le vrai personnage qui aurait pu inspirer l’écrivain pour son roman « Gatsby le Magnifique« . Le héros s’appelait Max Gerlach, un escroc qui a conquis et trompé la jet set américaine de l’époque. Il mourut ruiné avec un pyjama comme unique bien…

C’est un des personnages les plus fascinants de la littérature moderne. Jay Gatsby, l’élégant et raffiné héros du roman « The Great Gatsby » de F. Scott Fitzgerald, a séduit des millions de personnes, d’abord à travers la pièce littéraire, dont la première édition fut publiée en 1925, puis ensuite sur les écrans avec l’interprétation de Robert Redford dans le film de Jack Clayton. Puis vint le tour du grand Leonardo Dicaprio d’interpréter le grand charmeur dans la dernière version qui est lancée cette semaine à Cannes.

Fitzgerald connut un destin tragique, comme de nombreux auteurs américains, mais laissa un personnage immortel, Gatsby le Magnifique !

Fitzgerald connut un destin tragique, comme de nombreux auteurs américains, mais laissa un personnage immortel, Gatsby le Magnifique !

Charmeur, riche et avec la touche provocatrice d’un passé scandaleux, Gatsby incarne un mélange de glamour et mystère. C’est la création la plus importante de Fitzgerald, l’auteur qui, comme tant d’autres mourut ravagé par l’alcool, en 1940.
Mais la question que tout le monde se pose en lisant le roman est : « Gatsby a-t-il existé? ». Il semblerait maintenant que oui ! Il s’appelait Max Gerlach et c’était un mécanicien du quartier ouvrier de Yonkers à New York. Gerlach fut, comme Gatsby, contrebandier et escroc. C’est du moins ce que prétend le professeur Horst Kruse, de l’université allemande de Münster et un des grands experts en littérature américaine.

Dicaprio admire la Duesenberg du dernier Gatsby (non seulement ce n'était pas une Duesenberg dans le roman mais celle-ci est une fausse...)

Dicaprio admire la Duesenberg du dernier Gatsby (non seulement ce n’était pas une Duesenberg dans le roman mais celle-ci est une fausse…)

Des vies paralèles : les ressemblances entre gerlach et Gatsby sont évidentes. Pour commencer, la façon dont les deux ont réinventé leurs vies. Gatsby était né en portant le nom James Gatz dans une famille ouvrière. Après avoir changé de nom il fit fortune avec la contrebande d’alcool avant de progresser dans les hautes sphères de la société. Abandonné par la femme de sa vie, il tenta de la reconquérir en organisant des fêtes extravagantes, en achetant des Rolls et en s’inventant un passé brillant et héroïque.

Gerlach aussi changea son nom qui devint Von Gerlach et prétendait être un baron allemand. Selon les registres découverts par le professeur Kruse, le mécanicien et vendeur de voitures obtint beaucoup plus de revenus avec la contrebande d’alcool pendant les années où sa consommation était interdite et put avec cet argent aller vivre à Long Island, où justement habitait Scott Fitzgerald. Gerald connaissait Fitzgerald puisqu’il le fournissait en alcool ! Il racontait des histoires d’un oncle qui avait été général et que lui-même avait été major pendant la guerre. Il compensait sa malchance en amour par des fêtes spectaculaires et des voitures de luxe, exactement comme Gatsby…

Des Duesenberg furent aussi utilisées à tort pour le film de 1948, mais elles étaient vraies

Des Duesenberg furent aussi utilisées à tort pour le film de 1948, mais elles étaient vraies

J.Bruccoli, un autre passionné du Great Gatsby, engagea un détective privé qui trouva une vieille lettre de Gerlach confirmant cette théorie. Gerlach parlait même avec l’accent de Oxford caractéristique de Gatsby. Il racontait qu’il l’avait acquis dans une université anglaise. Kruse affirme que Gerlach n’a jamais été en Angleterre ni est allé à l’université, il a juste étudié la mécanique automobile pendant 5 ans. Selon Kruse, il est probable que Fitzgerald achetait l’alcool a Gerlach et qu’il savait qu’il était un charlatan, ce qui le rendait justement très utile pour son roman !

Une autre preuve étonnante est l’appel reçu en 1951 par le biographe de Fitzgerald d’un certain Max Von Gerlach. Celui-ci affirmait être le Grand Gatsby et être devenu aveugle après avoir tenté de se suicider… Curieusement le biographe de Fitzgerald, Mizener, n’accepta jamais recevoir Gerlach et se contenta de laisser une simple note dans ses archives. Mais les journaux de l’époque commentèrent la tentative de suicide de Gerlach, agé alors de 55 ans, en expliquant qu’il avait perdu sa concession automobile.

La Rolls Royce Phantom II Tourer de 1922 qui aurait inspiré Fitzgerald pour "The Great Gatsby"

La Rolls Royce Silver Ghost Tourer de 1922 qui aurait inspiré Fitzgerald pour « The Great Gatsby »

Le professeur Kruse trouva alors la lettre qu’écrivit Max Gerlach lorsqu’il tenta de se suicider. Il prétendait être vraiment le major Max Von Gerlach de l’armée américaine durant la première guerre mondiale. En recherchant dans les archives militaires, le professeur découvrit alors que le vrai nom de Gerlach était Max Stork Gerlach (ou Max Stark selon d’autres archives), né à Yonkers en 1886, directeur de plusieurs concessions automobiles avant la guerre. Pendant la guerre il devint lieutenant, puis revint aux US sans argent et, divorcé, choisit devenir contrebandier d’alcool. La particule « Von » lui permit d’approcher de riches clients comme Fitzgerald.

Une vrai Rolls Phantom II Tourer de 1922. Celle du roman est couleur jaune crème très rare, avec les sièges vert. C'était sûrement une Tourer car Gatsby y transportait ses amis comme dans un bus pour aller aux soirées.

Une vrai Rolls Silver Ghost Tourer de 1922. Celle du roman serait d’une couleur jaune crème très rare, avec les sièges vert. C’était sûrement la version Tourer, car Gatsby y transportait ses amis comme dans un bus pour aller aux soirées.

Lorsque l’alcool fut à nouveau permit en 1933, Gerlach dut reprendre son métier et ouvrit une agence de vente de voitures appelée Park Central Motors, dans le très pauvre quartier de Queens. Gerlach fit faillite et Scott Fitzgerald, sous l’emprise de l’alcool et des somnifères et avec sa femme en asile psychiatrique, ne fut pas en mesure de l’aider.
Max Gerlach, qui semblait même utiliser la fameuse expression de Gatsby « Old Sport« , perdit la vue après sa tentative de suicide. Il loua une chambre à Manhattan près de l’hotel Algonquin fréquenté par de nombreux auteurs célèbres de l’époque dont Fitzgerald et fit envoyer une lettre par un ami au biographe de Fitzgerald, mais celui-ci ne voulut jamais le voir, il avait finit la biographie et la considérait bouclée.
Contrairement à Gatsby, Gerlach mourut seul dans sa chambre d’hôtel avec un pyjama comme unique bien…

L’automobile a fortement influencé l’oeuvre de Fitzgerald et de toute l’Amérique. L’auteur appela même un de ces personnages avec deux marques de voiture de l’époque : Jordan Baker. C’était le temps de la Ford T, des courses de voitures à Cuba, du Jazz et d’Al Capone…

Times Square à l'époque de Gatsby, image du film

Times Square à l’époque de Gatsby, image du film

Après avoir appris l’existence du vrai Gatsby, l’équipe d’Autoreduc est allée voir le film et, croyez-moi, vous l’apprécierez maintenant différemment. « Gatsby le Magnifique » est une de ces nombreuses histoires où, comme presque toujours, la réalité est beaucoup plus forte que la fiction…

La magnifique couverture du roman, créée par Francis Cugat

La magnifique couverture du roman, créée par Francis Cugat



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