Aux US, les Taxis collectifs ont disparu il y a déjà près d’un siècle.

Après un essor fulgurant, les Jitney, comme on les appelait aux U.S, dont la première expérience remontant à 1914 se déroula à Los Angeles avec un Ford Model T, ont fini noyés après leur succès. A force de régulation et d’encadrement par les autorités, qui rognaient leur rentabilité toujours un peu plus, ils ont fini par complètement disparaître vers le début des années 1920. Aujourd’hui, face aux succès des nouvelles applis de mise en relation des chauffeurs avec des voyageurs et, devant la levée de boucliers que provoque un géant comme UBER un peu partout où il se manifeste, on ne peut que se remémorer le funeste destin des Jitney.

Ici un exemplaire de la Ford Model T

Ici un exemplaire de la Ford Model T

Avant l’heure des smartphones et même du mobile, ces taxis-collectifs trouvaient leurs passagers à partir de stations de départ et tout le long d’un itinéraire fixe, comme pour un bus aujourd’hui, mais avec plus de flexibilité car le conducteur pouvait faire certains petits détours pour atteindre des endroits spécifiques.

Le terme Jitney était principalement utilisé en Amérique du Nord et désignait à l’origine les 5 cents de monnaie qu’il suffisait de donner au chauffeur pour un trajet, de nos jours ce taxi-collectif est encore très présent dans plusieurs pays du monde et avec autant de variantes et de noms différents selon les endroits.

L'indestructible Mercedes 240D toujours en service ici à Nador en tant que taxi-collectif dénommé Grand Taxi.

L’indestructible Mercedes 240D toujours en service au Maroc en tant que taxi-collectif dénommé Grand Taxi.

L’avantage du taxi-collectif se joue évidemment sur l’économie d’espace qu’il réalise en remplissant ces places disponibles, divisant ainsi les frais par 5 ou 6 environ pour le nombre de places et le trajet retour que ces taxis rentabilisent avec des passagers pour la direction inverse. De nos jours, le prix d’un taxi collectif sur un trajet donné avoisinerait davantage le prix d’un ticket de bus ou d’une place en covoiturage.

Décriées dans plusieurs pays, les nouvelles applications font face aujourd’hui encore, comme il y a 100 ans, à l’accusation de contourner les règlements de sécurité et de travailler sans les licences établies pour la profession très réglementée de transporteur de civils.

D’autant qu’en face d’elles se tiennent de puissants intérêts commerciaux qui se sentent, forcément et à raison, menacés par le nouveau modèle proposé qui parait innovant et plus performant grâce à la géolocalisation et l’internet. Les municipalités et autres pouvoirs locaux, qui comptaient sur les recettes fiscales des entreprises de transport de personnes semblent, elles aussi, très gênés par ces nouveaux arrivants qui n’ont même plus besoin d’établir des centrales ou autres garages physiques sur lesquels il est plus facile d’établir un contrôle.

Les Villes ou les Etats réagissent donc avec une vague de réglementation identique à celle qui avait auparavant balayé les jitney : limitation des horaires de service, impossibilité de dévier de leur itinéraire pour amener les gens directement à leurs destinations, interdiction pure et simple le long des principaux corridors urbains ou le long des routes desservies par des tramways et, surtout, obligation de se doter de licences coûteuses et de se plier à une lourde fiscalité.

Il est encore trop tôt pour dire si des applications comme Blablacar, Uber et Lyft connaîtront le même sort que les Jitney mais, comme nous l’apprenons maintes et maintes fois, l’histoire peut se répéter. Notons finalement que, malgré tout, et en plus de ces nouveaux acteurs, de nouveaux Jitney refont leur apparition en Amérique, reprenant le terme et la pure forme du concept initial et, ce sont encore souvent des Ford !

Ford



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